Readers' Submissions

Charmante Pattaya – Son aventure avec Nui (2)


Son aventure avec Nui était arrivée à expiration. Soudainement, de façon inattendue, elle sembla recommencer.

Dix mois après son dernier séjour à Pattaya, Monsieur F est de retour. Il s’extirpe du taxi, fait une réservation dans son hôtel habituel sur Beach Road, prend une douche, réserve une moto pour ses ballades à Jomtien et il descend une nouvelle fois Beach Road pour un premier repérage.

Il est quatorze heures et il ne fait pas si chaud que ça pour une journée de fin décembre. Bonne vieille Pattaya : une odeur nauséabonde se dégage toujours des caniveaux. Le trottoir est bondé de prostituées. Mais rapidement Monsieur F remarque aussi de nouveaux aspects : la promenade en bordure de mer est en chantier, il y a des trous non protégés et des gravats partout – idéal pour les fêtes de Noël. Et parmi les passants, Monsieur F remarque un grand nombre d’Arabes, d’Indiens et de Russes, de manière significativement plus importante que lors de ses dernières visites.

En descendant Beach Road, les racoleuses free-lance jettent comme à leur habitude des œillades ultra-éloquentes à pseudo-excitées à Monsieur F. Mais ces temps ci Monsieur F n’aime plus les marchandes d’amour droguées et à la frénésie ennuyeuse de Pattaya ; il pourrait bien sûr essayer de nouveau avec la perle rare qu’est Nui, son ancienne régulière de Pattaya, mais en général il préfère maintenant craquer pour des filles asiatiques normales et vertueuses. Monsieur F a fait le voyage à Chonburi principalement pour profiter de l’unique mélange qu’offre Pattaya, plage et surf le jour, musique Thaïe qui ne manque pas de piment en live la nuit (voir mon autre récit sur ce sujet).

Se demandant si cette nuit il ira au X-Zyte, à l’Hollywood, au Bamboo, au Champ Isaan, au Kum Punn ou au Tawan Chai pour commencer sa soirée musicale, Monsieur F se promène tranquillement sur Beach Road. Soudain une fille très maquillée fait un bond en travers de son chemin, avec un grand sourire : "Hello <mot bizarre> ! 500 Bahts le massage ? ! Comment c’était à Nong Khai et à Chiang Khan ?" Mais, qu’est ce que c’est que ça ? Les conducteurs de pousse-pousse à Phnom Penh et à Saigon essaient ce vieux truc du copain pour attirer les clients, mais quand même pas les femelles sur Beach road à Pattaya, non ?

Il y a dix mois, l’innocente et mignonne Nui avait été sa régulière à Pattaya. Comme elle avait été si nouvelle et si affectueuse, il avait même commencé à éprouver des sentiments à son encontre. Un peu à côté de ses pompes, il avait même dit avec enthousiasme à ses lecteurs : "si vous deviez choisir une compagne pour une relation durable, ici et maintenant sur Beach Road, vous pourriez faire bien pire que de prendre Nui." Alors au moment de partir de Pattaya, il avait brisé la carte SIM qui contenait les coordonnées de l’amie de Nui et il avait tout jeté – ainsi elle lui fut injoignable, et elle fut aussi dans l’impossibilité de le contacter.

Quoique engagé par ailleurs, Monsieur F n’a jamais vraiment oublié Nui. Il savait qu’elle devait commencer à travailler dans un centre de massage traditionnel juste après son départ et il espérait qu’elle gagnerait assez pour elle et son bébé à Uttaradit. Il espérait qu’elle conserverait son charme naturel et frais et sa timidité de fille simple de province. Il souhaitait qu’elle n’ait pas à "se faire des farangs" après avoir repris les massages normaux. En fait, il espérait même qu’elle ne soit pas restée à Pattaya et qu’il ne reverrait plus à sin city.

Puis, lors d’une réunion de travail en Farangland, l’ennuyé Monsieur F tripatouillait son téléphone portable. Et vous savez quoi ? Il y avait "Nui Pattaya" dans le carnet d’adresses de son téléphone ! Le numéro n’avait pas été sauvegardé sur la carte SIM DTAC pour la Thaïlande ; par erreur l’anachronique Monsieur F avait enregistré le numéro de l’amie de Nui sur la mémoire interne du mobile. À présent très excité, Monsieur F n’effaça pas le numéro de Nui.

"Salut <mot bizarre> ! 500 Bahts le massage ?! Comment c’était à Nong Khai et à Chiang Khan ?" QUI EST-ELLE ? Pourquoi se comporte-t-elle comme ça ? Comment connait-elle ses destinations habituelles ? Cette racoleuse ne peut pas être Nui – Nui n’a jamais ressemblé à une prostituée, Nui a du travail dans un centre de massage maintenant, peut-être même mieux, elle doit être de retour à Uttaradit. Bien sûr, il a essayé d’appeler l’amie de Nui juste après l’atterrissage à Bangkok, mais le numéro ne fonctionne plus, alors ce fut tout.

Encore une fois, "Salut <mot étrange> ! 500 Bahts le massage ?! Comment c’était à Nong Khai et à Chiang Khan ?" – elle ressemble pourtant un peu à Nui ! Grande, visage rond, et en dépit de sa tenue de fille des rues, il y a comme une aura non-sexuelle d’amabilité inoffensive autour d’elle.

"1000 pardons – Es-tu Nui d’Uttaradit mai khrap?" "Oui oui oui !!! Je suis contente de te revoir !!! As tu écouté du bon look thung et du bon pleur cheevit à Nong Khai et à Chiang Khan?" Elle en sait trop sur ses destinations et ses faibles, ce doit vraiment être elle ! Ils s’assoient sur un banc en pierre.

Bon sang, cette fille est bien sa Nui perdue. Où en sont les choses : son amie, ainsi que l’appartement et son téléphone portable, disparus. Aussi n’a-t-elle plus d’endroit où pioncer, alors elle prend jour après jour une chambre d’hôte à 200 bahts la nuitée. Son travail de masseuse a disparu lui aussi. Maintenant Nui est une prostituée indépendante à plein temps, raclant le bitume de Beach Road de midi jusqu’à 2 heures du matin.

"<Mot bizarre> ! 500 Bahts le massage ?" Ce "500 Bahts le massage" avait été leur plaisir quotidien de l’après-midi il y a dix mois de cela. Après le petit-déjeuner et un peu de relaxation à la plage, Monsieur F demandait Nui par téléphone pour un très professionnel et très vigoureux massage Thaïlandais dans sa chambre d’hôtel. À la fin il se passait quelquefois quelque chose de plus, quelquefois non, selon qu’ils en avaient envie ou pas –ça avait été des après-midis très relaxants et très excitants. Leurs rencontres finissaient toujours par des câlins et une courte sieste l’un dans les bras de l’autre ; ensuite elle devait partir avant la tombée de la nuit : moment parfait pour une ballade solitaire le long de la côte au coucher du soleil. Quelque qu’ait été sa prestation, il lui donnait toujours 500 bahts plus 200 de pourboire, parce que son délicieux charme naturel et son honnêteté étaient bien au dessus de tout ce que l’argent vous permet d’acheter à Pattaya.

Oh là là ! Revoilà Nui ! Inspection discrète : elle a l’air plus usée qu’il y a dix mois en arrière. Elle a l’air misérable. Elle fait même plus que son âge (elle doit avoir 29 ans maintenant). À présent Nui porte des chaussures à talons hauts et larges, du rouge à lèvre rose et des ongles trop longs et coupés carré. Elle porte un débardeur qui promet d’en révéler beaucoup, mais elle n’a jamais eu beaucoup à exhiber. Oh, une chose est manifestement visible : un nouveau tatouage au dessus du sein gauche, elle n’en avait pas avant ! Nui, qu’est-ce que c’est ?

Nui dit qu’elle n’a pas fait crac-crac avec des clients depuis plusieurs jours. Elle n’a pas mangé depuis un moment. Elle dit que son bébé va bien, mais contrairement à la dernière fois, ce sujet ne la fait pas se réjouir ou s’animer.

Elle appuie sa tête sur son épaule et instantanément elle lance un sourire préfabriqué et prometteur : "500 Bahts le massage, on y va, d’accord ?" Elle ne s’est jamais comportée de façon aussi insistante auparavant.

Il dit qu’il veut traverser la route pour aller acheter une carte de téléphone au 7-11. Elle lui demande si elle peut venir avec lui et s’il voudrait bien lui acheter de l’eau ? Elle n’avait jamais réclamé de telles faveurs auparavant, au contraire elle avait refusé toute proposition d’achat d’aliments. Il lui tient la porte ouverte, et le revoilà à nouveau – son "khop khun khaa" timide, surpris et ravi, plus un sourire, alors qu’elle rentre à l’intérieur la première. Vision momentanée de son caractère provincial intact d’avant.

Une fois qu’elle a son nam plao, ils retournent s’assoir sur Beach Road. Nui n’a toujours pas de téléphone portable ni d’e-mail. Pire, elle ne parle toujours pas l’anglais. Alors, comment peut-elle exercer sa profession de travailleuse du sexe ? Toute leur conversation a lieu en Thaï, et bien sûr Monsieur F en tant que touriste amateur ne comprend qu’une fraction de ses explications. Si elle a des clients, c’est seulement pour des passes. Aucun micheton ne la prend jamais pour plus longtemps, ni ne l’emmène à Samui ou à Chiang Mai. Forcément, qui voudrait de la compagnie d’une femme qui ne parle pas anglais ; ainsi elle doit toujours dormir dans une chambre d’hôte à 200 bahts la nuitée au lieu de loger avec ses clients farangs dans de chouettes hôtels où elle pourrait même avoir à manger gratuitement.

"<Mot bizarre> ! Massage haa loi mai khaa? On y va, d’accord khaa??" Pourquoi le pousse-t-elle comme ça ? C’est nouveau, avant elle attendait toujours ses initiatives et ses suggestions, c’était si pratique et si agréable. Et tout cet accoutrement de prostituée, et son visage de malheureuse. Mais maintenant il comprend le mot bizarre – c’est le nom d’emprunt qu’il lui avait donné, elle le prononce de façon curieuse. Il ne l’utilise que pour son commerce avec les prostituées.

Nui se lève pour chercher des yeux une amie. Il inspecte la chair entre le bas de son débardeur et la ceinture de son jean ; ça a l’air flasque et pas désirable du tout. Avait-elle ces vergetures auparavant ? Il réalise que le corps et l’âme de Nui ne l’intéressent plus. Il ne souhaiterait pas passer plus de temps avec Nui. Elle remarque comment il l’examine, comme un cheval à vendre.

Il y a cette autre fille assise trois marches plus loin. Ça fait 20 minutes qu’il l’observe. Celle là a un bon look, elle est bien habillée, elle est décontractée, drôle, futée et elle s’éclate en jouant avec son mobile. Elle prend manifestement soin d’elle. Monsieur F voudrait vraiment lui sourire et lui commander un petit encas à celle là, mais maintenant il doit gérer Nui, sa prostituée abandonnée de Beach Road.

"500 Bahts le massage ? On y va, d’accord ?" Elle le questionne au sujet de son hôtel, est-ce le même que la dernière fois ? Il ment, il dit non, et qu’il a changé pour l’hôtel LEK. La dernière fois elle avait tendance à l’attendre à l’entrée de l’hôtel, aussi cette fois ce serait mieux si elle l’attendait au mauvais hôtel. Elle lui demande son numéro de téléphone, comme la fois d’avant, mais il se dérobe avec un sourire.

Monsieur F ne veut vraiment pas oublier : naguère ils avaient été réellement et délicieusement honnêtes. Dix mois auparavant, Monsieur F avait été seulement son deuxième farang (selon elle). Leurs relations sexuelles avaient eu quelque chose de réciproque. Nui lui avait clairement manifesté beaucoup d’affection. Cependant il lui avait dit tous les jours qu’ils n’étaient pas un couple, mais des amis d’affaires, et qu’il partira bientôt, peut-être pour toujours, sans aucun soutien pour elle et son enfant.

À quelques occasions il avait manqué de petites coupures. Il lui avait donné des billets de 1000 Bahts et elle avait toujours ramené la monnaie à la rencontre suivante. Ils avaient été amis finalement, Nui fut/est la parfaite voisine-sympa-qui-ne-raconte-pas-de-conneries. Il veut retrouver l’ancienne honnêteté une nouvelle fois.

"Nui…."

"Nous allons à l’hôtel, d’accord mai khaa ?"

"Nui…. Tu sais, avant tu me plaisais beaucoup, parce que tu ressemblais à une dame d’Uttaradit… pas à toutes ces filles sur Beach Road. C’est ce que j’aimais ! Maintenant tu as l’air … d’une fille de Pattaya – si différente, désolé, je peux pas…."

Un triste sourire, puis Nui baisse les yeux pendant un long moment. Elle sait et elle comprend. Elle aurait pu répondre, "j’ai l’air d’une fille des rues, mais j’ai toujours un bon fond !", mais elle ne le dit pas ; elle accepte qu’il ait changé d’opinion sur la base de son changement de tenue. Et peut-être que son cœur a changé aussi, comme il a pu le constater à ses demandes d’achat d’aliments et à son empressement pour conclure l’affaire.

Alors elle pointe du doigt son tatouage : "C’est seulement du crayon, je peux l’enlever !" Elle avait deviné qu’il n’aime pas les tatouages. Elle montre ses longs et horribles ongles : "je peux les couper et faire de bons massages !" Mais le simple fait de savoir qu’elle a aimé, à un moment donné, s’habiller comme une pute, ça lui passe le goût.

Il veut s’assurer qu’elle aura un endroit où se doucher et où dormir cette nuit. Il lui glisse 200 Bahts. Elle réagit avec un wai et un sourire de remerciement à fendre le cœur, tout comme au bon vieux temps. Nui… Mais non, il ne peut pas aller de nouveau avec elle. Il décide de lui donner 200 Bahts par jour ; après tout elle est toujours Nui, son ancienne copine avec qui il a partagé son lit.

Il se lève et dit "à la prochaine, aujourd’hui ou demain, d’accord ?»

Nui : "quand ?"

"Je ne sais pas, mais je reviendrai bientôt"

"Quand reviendras-tu ? Aujourd’hui à 19 heures, d’accord ?"

"Je ne sais pas, à plus, j’y vais maintenant."

Il continue à marcher et il jette un regard en arrière. Elle le suit des yeux, mais elle ne sourit pas. Elle a vraiment l’air triste. Autrefois elle avait été inondée par ses faveurs : il lui avait servi des rafraîchissements et des collations au lit, il l’avait épongé à la sortie de la douche, il lui avait tenu les portes, il avait réglé la clim à son goût, il lui avait dit à plusieurs reprises à quel point il aimait son cœur généreux, son ravissant sourire, ses massages et son corps. Elle avait senti que ce n’était pas que des "pak wan" (mot doux) et elle s’était régalée de ses attentions. Mais maintenant Nui se rend compte que Monsieur F l’a à nouveau passée en revue– et cette fois elle n’a pas été retenue, ses anciens privilèges lui ont été retirés. Avec ce don de 200 Bahts elle prend conscience qu’il ne la voit plus que comme une pauvre mendiante, et pas comme une femme attirante aussi extérieurement qu’intérieurement dont il vaudrait acheter à nouveau les services et le corps. L’ancien client s’est tourné vers des produits tout nouveaux, et la bonne vieille Nui a été recalée. Venant d’un ami et d’un compagnon de chambre, son inspection visuelle l’a transformée en un morceau de viande, et elle se sent plus comme un bas morceau que comme du filet maintenant. Il y a des centaines, voire des milliers de filles sur Beach Road ; Nui est juste une tête dans le troupeau, une pièce de bétail, et pas la plus prometteuse. Il a disparu de sa vue à présent.

À 16 heures il saute sur sa motosai et il se dirige vers la plage de Dongtan à Jomtien. En pétaradant à toute allure le long de Beach Road, il voit Nui assise à son ancienne place, ayant l’air aussi frustrée et aussi peu attirante qu’auparavant. Devrait-il s’arrêter et indiquer le siège arrière de la Honda, et emmener Nui pour un coucher de soleil et un cocktail sur la côte sablonneuse ? Mais alors, ne devrait-t-il pas la prévenir qu’il ne la paiera pas pour sa compagnie ? Nui est assise là comme une pute frustrée au chômage. Monsieur F décanille seul.

Il commence sa soirée en bord de mer avec un repas léger au curry, et vue sur la plage, pris dans un complexe de boutiques sympatique, le seul endroit qui ait un peu de charme en fait, fréquenté par de jeunes familles et des couples légitimes d’Europe et d’Asie. Il a pitié de Nui qui est restée à son poste sur Beach Road. Même cette petite virée à Jomtien aurait été une dépense extravagante pour elle. Mais autrefois, il y a 10 mois, Nui, déguisée en fille bien, avait été la putain parfaite. Il pouvait l’emmener dans des restaurants en dehors des quartiers chauds. À présent elle est visiblement une prostituée fatiguée et désespérée ; il ne veut vraiment pas être vu avec elle dans un endroit convenable comme cette ravissante station balnéaire – où il veut lui aussi apparaître comme respectable.

Une ballade au coucher du soleil, les pieds dans l’eau, la tête au vent de Décembre qui est merveilleusement frais. Voudrait-il être avec Nui maintenant ? Sur cette partie de la plage il y a des vieux farangs gras et blancs en tangas distendus qui s’agrippent à de frêles garçons thaïlandais bronzés et tatoués ; alors son amie la putain Nui n’en aurait pas été moins choquante ici. Se tenir par la main aurait été romantique. Toutefois, il n’aurait pas eu besoin de Nui maintenant : elle a tendance à parler beaucoup, ne se rendant pas compte qu’il sait dire plus de Thaï qu’il n’est capable d’en comprendre. Ses tentatives désespérées pour saisir ne serait-ce qu’une fraction de ses péripéties l’avait déjà épuisé dans l’après-midi. Il n’est plus question de Nui.

Et quand la nuit tombe sur la festive ville de Pattaya, il n’est plus question non plus de Nui. Monsieur F fait un tour complet des pubs et des boîtes de nuit qui ont de la musique live, dans différents styles et d’un bon niveau : le deuxième groupe au Kunn Punn dans soi 2 a maintenant une nouvelle chanteuse qui est sexy ; elle danse lascivement autour du trépied qui tient le micro comme une artiste de gogo ; mais avec un sacré talent, de l’entrain et – un visage innocent d’écolière. À l’insu des 999 999 de personnes sur un million qui visitent Pattaya en saison haute (source : Office National du Tourisme de Thaïlande, cité par Lonely Planet), Pattaya a de super divertissements pour les Thaïs, assurément meilleurs qu’à Bangkok et presqu’aussi bons qu’aux cités festives de Khon Kaen et d’Udon Thani.

Tandis qu’il va d’un endroit à un autre à bord de bus Baht ou en motosai, Monsieur F pense à Nui et il se dit qu’elle aimerait peut-être faire la tournée des pubs avec lui ; elle lui avait dit qu’elle aimait le groupe I-nam, et au Kunn Punn ils ont maintenant un très bon programme d’I-nam qui fait danser autour des tables et pousser des cris au public dense de Thaïs.

Aux alentours de 1H30 du matin, il termine sa nuit avec un Baileys au pub Bamboo près de Walking Street. Cet établissement très ciblé sur les touristes n’est pas l’endroit le plus recherché pour les aficionados de musique live, mais ils font un boulot correct avec des tubes Thaïs et occidentaux qui font danser beaucoup de personnes ; ils ont les chaises les plus confortables de tous les endroits où on joue live et – soulagement – un menu en anglais est disponible.

Monsieur F rentre seul à l’hôtel en se baladant sur Beach Road. Est-ce que Nui sera toujours à sa place ? Bon sang, son endroit favori est assez près de son hôtel. Que se passerait-il s’il ramenait une « Nui n°2 » et qu’ils doivent passer devant l’originale recalée ? Il se demande s’il ne devrait pas payer « Nui n°1 » pour rester loin de son hôtel pendant trois jours.

Nui 1 – elle se tient là sous le réverbère ! Elle s’appuie contre le poteau, et son visage est si fatigué et si triste. C’est alors qu’elle lui sourit avec espoir. Elle a des écouteurs. Il en enlève un et il tend l’oreille – elle écoute de la pop Thaïe sur son lecteur MP3, mais le son est pire que sur un téléphone portable bas coût, et il est saccadé.

Il remarque des changements depuis leur rencontre qui a eu lieu à environ 14 heures : le rouge à lèvre d’un rose bizarre a disparu, et elle porte une chemise différente qui cache son tatouage. A-t-elle fait ça pour lui ? Elle fait voir sa nouvelle tenue avec fierté – oui, elle s’est changée pour lui, elle veut redevenir l’ancienne fille provinciale qu’il lui faut être pour être retenue. Elle montre ses ongles, maintenant courts et arrondis : "tu vois – je les ai coupé !" Oh là là, quel investissement, Nui a vraiment fait des efforts pour conclure l’affaire avec Monsieur F.

Monsieur F est fatigué à cette heure. Il veut juste dormir, et seul. "Nui, tu as eu des clients aujourd’hui ?"

Elle baisse la tête : "Non… je ne plais à aucun homme…"

"Mais tu as mes 200 Bahts pour la chambre d’hôte, n’est-ce pas ?"

"Non, j’ai eu besoin de 150 pour manger dans le restaurant près d’ici…"

"Mais enfin, sur le marché tu peux manger pour 25 Bahts !"

"Oui, mais le marché est éloigné, j’avais besoin de manger rapidement pour être vite de retour sur Beach Road." Une histoire au sujet de son portefeuille vide suit.

Sa vieille copine Nui, une racoleuse sans succès sur Beach Road. Quelle fille stupide, pourquoi a-t-elle dilapidée son argent ? Il veut vraiment qu’elle puisse se doucher et dormir en sécurité dans un lit propre cette nuit. Il prend sa main, "d’accord, on y va !"

"Oh, tu me prends ?!" Son sourire s’illumine à 100 pour cent.

"Allons-y." Il n’est pas vraiment sûr de savoir quoi faire avec Nui, massage, crac-crac ou tout simplement ronfler côte à côte ? Il veut juste sortir sa vieille amie de la rue, même s’il apprécierait vraiment de dormir et de se réveiller seul.

Elle montre la direction de l’hôtel LEK. Il lui avait dit qu’il séjournait à l’hôtel LEK. "C’est par là non ?"

"Non, par ici, je suis au même hôtel que la dernière fois"

"Oh." Maintenant elle sait qu’il lui a menti au sujet de son hôtel, comme le font les farangs avec les filles dont ils veulent se dépêtrer.

Ils marchent vers son véritable hôtel. Il se souvient que Nui n’a pas de chambre fixe dans la journée. "J’imagine que tu serais contente de prendre une douche maintenant ?"

"Ah non, je n’ai pas besoin de me doucher" dit-elle ! Pas de douche, comment ça ?

Alors qu’ils sont sur le point d’entrer dans l’hôtel, elle dit "trouvons quelque chose à manger, d’accord ?" Elle lui fait bien comprendre qu’elle n’a pas d’argent du tout. "Mais pourquoi, comment as-tu dépensé ce qu’il te restait de mes 200 Bahts ?" "Oh, j’ai bu une bière Leo" Tu as bu une bière Leo, encore fois Nui, qu’as-tu fait ?

Ils entrent dans le 7-11 qui est près de l’hôtel et Nui fait le tour des rayonnages. Comment peut-il continuer à lui verser 200 Baths si elle dépense bêtement l’argent de la chambre d’hôte en repas chers au restaurant et en bière Leo ? Nui enlève l’opercule d’un bol en plastique de nouilles Mama qu’elle remplit avec de l’eau chaude provenant d’un thermos joufflu. Comment peut-il rester avec une fille qui boit de la bière, a des tatouages, demande qu’on lui paye des repas alors qu’elle ne gère pas correctement ses fonds disponibles ? La Nui d’autrefois avait refusé toute offre de commande de repas Thaïs pour elle. La Nui d’aujourd’hui empoigne une bouteille d’eau minérale, des mini-saucisses bizarres et l’entraîne à la caisse ; 47 Bahts.

Avec un très grand sourire de satisfaction, Nui se redirige vers la porte de l’hôtel. Nui a l’intention de grignoter au lit ou dans un fauteuil confortable. Elle a l’intention de passer la nuit dans un lit engageant, propre et frais avec un homme relativement poli qu’elle connait déjà, et elle a l’intention de gagner un peu d’argent par la même occasion. Encore 3 marches avant la porte de l’hôtel et avant d’être en lieu sûr.

Mais Monsieur F conduit Nui loin de l’hôtel, de l’autre côté de la route, de retour vers un banc en pierre sur Beach Road. Il lui fait signe de s’assoir et de commencer à manger. Elle le regarde d’un air interrogateur.

Lui : "Nui… je suis vraiment désolé… mais je veux dormir seul. D’accord, mai khrap? Pardon, mais je veux vraiment dormir seul."

Son sourire sincère se brise en 1000 morceaux. Son visage devient un mur. Son corps se recroqueville. Elle ne dit pas un mot. Impuissant, Monsieur F lui caresse le dos comme à un chien. "Je suis désolé, et bonne chance ! Bon appétit ! À la prochaine !"

Il se lève, il traverse la rue en direction de l’accueillante et impressionnante entrée de l’hôtel. Il regarde en arrière, sourit et lui fait signe de la main. Mais Nui ne le regarde pas, et elle ne regarde pas le groupe d’occidentaux qui est juste en train de passer devant elle. Elle a la tête baissée, elle a l’air malade, on dirait qu’elle est sur le point de vomir. Elle a l’air d’une prostituée désespérée et délaissée sur Beach Road avec un bol en plastique de nouilles Mama tièdes dans une main. Ses rêves s’étaient limités à cette nuit, mais ça aussi elle peut l’oublier maintenant.

Il ouvre la porte de l’hôtel et il lui fait signe une dernière fois. Aucune réaction de Nui qui est prostrée. Un bus Baht avec des skinheads anglais tatoués passe bruyamment alors qu’il franchit le pas de la porte. Nui a la tête baissée.

Son aventure avec Nui est arrivée à expiration, définitivement.

Titre original : Delightful Pattaya – His Nui Days (2)

Traduit de l’anglais pas MAGD (david.giuseppe@laposte.net)

Ce qu’en pense Stickman :

Ce qu’en pense Stickman :

Absolument génial ! Encore une merveilleuse, vraiment merveilleuse histoire.