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Le fantôme du club de tennis

  • Written by Marc Holt
  • May 19th, 2007
  • 9 min read


Dave était un athée sincère. En fait si vous lui aviez demandé quelles étaient ses croyances il vous aurait répondu qu’il était un athée existentialiste. Il ne croyait assurément pas aux fantômes.

Peu après qu’il se soit marié avec Noi, une très belle Thaïlandaise, ils emménagèrent dans un appartement tout neuf à l’intérieur d’un club de tennis dans la banlieue nord de Bangkok. Adam, un homme d’affaire Chinois, était propriétaire de ce club. C’était avec une certaine fierté perverse qu’Adam portait son prénom occidental ; il était dérivé du surnom que son personnel Thaïlandais lui avait donné : ‘Ai Dum’, ce qui signifie ‘homme noir’ ou ‘cœur noir’.

Par ce que Dave lui faisait vraiment du bon boulot, Adam permit généreusement à Dave et Noi de choisir n’importe quel appartement dans l’immeuble de deux étages. Ils furent les premiers occupants, et ils choisirent un appartement d’angle au deuxième étage. Ils étaient très contents quand ils emménagèrent. Mais trois jours plus tard ils n’en étaient plus si sûrs.

Ce soir là Dave rentra à la maison autour de 6 heures après une dure journée de travail et il s’installa pour lire un livre en attendant que Noi rentre. Il se reposait sur le canapé qui était adossé au mur jouxtant un appartement vide. Du moins, Dave pensait que cet appartement était encore inoccupé. Il n’avait pas eu connaissance d’autres personnes ayant emménagé jusqu’à maintenant.

Il était si absorbé par son livre que ça lui pris un moment avant de réaliser qu’il pouvait entendre une femme pleurer et bouger quelque chose à coté. On aurait dit qu’elle traînait des cartons sur le sol.

Les sanglots étaient faibles au début, mais ils devinrent si déchirants que Dave commença à s’inquiéter et il sortit sur la véranda commune qui longeait les deux pièces pour voir s’il pouvait lui venir en aide. Il faisait noir dehors à ce moment là, aussi fut-il un peu surpris de voir qu’il n’y avait pas de lumières allumées dans la pièce. Mais il pouvait toujours entendre la femme pleurer, aussi il frappa à la porte et il l’appela.

‘Est-ce que tout va bien ? Je peux vous aider ?’

Tout bruit dans la pièce cessa soudainement et il y eu un silence de mort.

Dave toqua à la porte et appela de nouveau, mais il n’y eu pas de réponse. La pièce plongée dans l’obscurité et les fenêtres fermées le laissèrent dubitatif. Mais se disant que la femme en pleurs n’avait pas besoin d’aide et qu’elle voulait qu’on la laisse tranquille, il retourna au canapé et repris sa lecture.

Pas plus de deux minutes plus tard les sanglots et les bruits de déplacement recommencèrent. Haussant les épaules, il continua à lire. Quoiqu’il se passe ce n’était manifestement pas de son ressort.

Dix minutes plus tard, juste avant que Noi ne rentre à la maison, les bruits cessèrent. Aussi quand Noi arriva, Dave décida de n’en rien dire. Il ne voulait pas que sa jeune épouse commence à s’inquiéter sans raison.

Noi prépara le diner et ils s’assirent tout deux pour manger. Soudainement les bruits recommencèrent dans l’appartement voisin. Dave ne dit mot, ni ne montra qu’il les avait entendu, juste au cas où ça serait son imagination.

Noi leva les yeux et demanda à Dave si quelqu’un avait emménagé à côté. Dave fut soulagé. Il s’était demandé s’il ne commençait pas à perdre la boule. Il répondit qu’il n’était pas sûr qu’il y ait quelqu’un. Alors il raconta à Noi ce qui était arrivé un peu plus tôt.

Aussitôt que Noi entendit ça, elle attrapa une lampe torche et ils sortirent tout deux sur la véranda où ils toquèrent à la porte et hélèrent la femme en pleurs. À nouveau tout bruit cessa.

Perplexe, Noi dit à Dave de frapper à nouveau à la porte. Pas de réponse.

Alors Noi demanda à Dave d’ouvrir une des fenêtres et de braquer la lampe à l’intérieur.

La pièce était totalement vide. Il n’y avait absolument rien !

De retour dans leur appartement, Noi dit qu’elle essaierait de découvrir si le personnel Thaï savait quelque chose au sujet de l’esprit frappeur. Il n’y eu plus d’autres bruits ce soir là, aussi allèrent-ils se coucher et dormirent-ils en paix.

Le lendemain, l’un des membres du service de sécurité dit à Noi qu’il pensait que la fille en pleurs pouvait bien être le fantôme de l’une des ouvrières qui avaient construit cet immeuble, une jeune fille de dix-huit ans. Le garde lui raconta qu’elle était tombée enceinte de son petit copain qui avait filé quand elle en était à son septième mois. Incapable d’envisager un futur où elle devrait élever toute seule un enfant, elle s’était pendue à la véranda.

Cette nuit, quand Dave revint à la maison, Noi lui raconta l’histoire. Ça lui fit froid dans le dos. Bien qu’il ne croie pas aux revenants, c’était un peu trop réel pour lui. Ça allait à l’encontre de toutes ses croyances. Mais il n’était toujours pas convaincu qu’il avait rencontré son premier fantôme.

Pendant qu’ils dinaient ce même soir, les pleurs et les bruits de déplacement reprirent. Ils se ruèrent tout deux à la porte d’à côté et braquèrent la lampe torche à l’intérieur. C’était toujours aussi vide. Ils vérifièrent même les autres pièces et appelèrent un garde pour les aider. Mais ils ne trouvèrent aucun signe de la présence de quelqu’un.

De retour à leur appartement, Dave dit à Noi que le fantôme ne faisait de mal à personne et qu’ils n’avaient qu’à l’ignorer.

Mais le jour suivant Dave alla chez Adam et lui relata les évènements. Il lui demanda s’ils pouvaient loger en dessous dans un appartement situé au milieu de l’immeuble. Cette nuit ils déménagèrent tous leurs biens et ils préparèrent le repas du soir.

Pendant qu’ils étaient en train de manger ils entendirent à nouveaux les sanglots et les bruits de déplacement. Cette fois la fille traînait quelque chose de la véranda à la pièce juste en dessus d’eux. À ce moment là ils se sentirent vraiment désolés pour le pauvre fantôme. Comme le dit Dave à Noi, il était évident que cette pauvre fille cherchait de la compagnie. Ils étaient heureux d’avoir un gentil fantôme qui les aimait bien et qui voulait être près d’eux. Ils s’y habituèrent et apprirent à vivre avec leur spectral invité.

Une semaine plus tard, Chet, un tennisman professionnel de la Caroline du Sud, emménagea dans l’appartement contigu au leur. Ils se présentèrent. Au début Dave et Noi avait du mal à comprendre son fort accent sudiste.

Chet les accueillit avec un ‘Ah je suis si content de faire votre connaissance’.

Aucun d’entre eux ne lui parla du fantôme, au cas où il pourrait penser qu’ils fussent tout deux timbrés.

Mais le lendemain même tandis qu’ils prenaient le petit-déjeuner, Chet vint à leur porte et demanda ‘N’auriez vous pas entendu quelqu’un frapper la nuit dernière à 3 heures ?’

Dave et Noi s’entreregardèrent et ils firent non de la tête, ‘frapper’ dirent-ils en chœur, confondus. ‘Comment ça ?’

‘Vous savez bien, frapper à ma porte’

‘Oh, on a frappé à votre porte’

‘Ouais, avez-vous entendu ?’

‘Non’, dirent-ils tout deux.

‘Eh bien, c’est vraiment bizarre, par ce que je me suis levé, j’ai ouvert la porte et il n’y avait personne. J’ai même regardé au sol au cas où se serait un gnome qui aurait toqué. Enfin, bon, je suis retourné au lit et quelqu’un a frappé à nouveau, aussi je suis retourné ouvrir la porte une nouvelle fois. Même chose. Personne. J’ai regardé en haut et en bas, mais je suis sûr qu’il n’y avait personne. Pensez-vous qu’on m’a fait une farce ?’

Dave et Noi invitèrent Chet à venir prendre une tasse de café chez eux et ils lui parlèrent de l’habitant fantôme. Au début Chet ne les crut pas, mais après qu’il eu entendu le fantôme pleurer et bouger des cartons la nuit suivante il devint aussi un croyant. Manifestement elle aimait bien le beau jeune homme Américain. Ensemble ils vécurent heureux jusqu’à ce que les humains quittent les lieux quelques mois plus tard.

Il parait que la femme en pleurs hante encore maintenant les appartements du club de tennis.

Titre original: The tennis club ghost. Traduit de l’anglais pas MAGD

Ce qu’en pense Stickman :

Je suis surpris que la Thaïlandaise ne se soit pas enfuie tout de suite. Les Thaïs ont une peur bleue des revenants.