Readers' Submissions

Est-ce un rêve ?



Je venais tout juste de me dépêtrer de la charmante Geow qui avait de fait tout son possible pour que je l’embarque, et je me tenais devant le Tahitian Queen sur Beach Road à Pattaya. Je ne savais pas comment j’avais résisté, ce n’est pas mon habitude.

C’était peu après 23 heures. Je restais là un moment, regardant fixement la masse sombre de l’océan en face. J’ignorais les cris plaintifs et les roucoulements des racoleuses et des « katoeys » qui rôdaient le long du front de mer de l’autre coté de la rue. J’étais perdu dans mes pensées. Que faire maintenant ?

Demain serait vendredi et j’avais un rendez-vous à 9 heures à Ranyong avec un client. En plus deux de mes directeurs d’Australie m’accompagneraient. Ça serait mieux pour mon plan de carrière si j’étais à l’heure et ne sentant pas la bière et le sexe. Mais c’est dans ma nature de prendre des risques.

Vous pourriez penser que n’importe quel Australien sain d’esprit serait ravi de passer quelques nuits à Pattaya à l’occasion d’un voyage d’affaires tout ce qu’il y a de plus légitime. Et avec en plus les divertissements organisés gracieusement par votre serviteur. Bon Dieu, certains paieraient une coquette somme pour une telle opportunité mais non, pas ces deux là. Je les avais quittés un peu plus tôt dans la soirée après le diner, ils m’avaient déclaré qu’ils étaient fatigués et qu’ils voulaient aller se coucher. J’étais partagé entre admiration pour leur maitrise de soi et leur professionalisme et l’envie de les traiter de connards sans espoir. Cette dernière l’emporta.

Le choix était pour moi maintenant assez simple. Est-ce que je prends à droite pour retourner au Siam Bay me coucher tout seul ou est-ce que je prends à gauche pour voir ce qui se passe à Pattayaland ? Je pouvais toujours prendre à droite toute et retourner au TQ embarquer Geow mais malgré ses qualités évidentes elle n’était pas, en quelque sorte, à la hauteur. Étant le dépravé que je suis, je suivis mon instinct et je pris à gauche.

Au bout d’un certain temps je me retrouvai au Classroom 1 qui n’est pas l’une de mes escales habituelles. J’avais remarqué qu’il y avait seulement quatre autres clients à l’intérieur. Je m’y laissai choir and je m’attaquai immédiatement à une serveuse. Elle avait ce sourire radieux qu’ont habituellement les Thaïlandaises et un joli visage mais ce qui attira plus particulièrement mon attention sur elle ce furent ses gambettes. Elle avait vraiment une paire de jambes des plus fantastiques. Elles étaient interminables. Je ne pouvais en détacher mes yeux.

Elle m’amena une bière et je lui proposai de lui payer un verre. Surtout pour la voir retraverser le bar encore une fois.

May accepta mon offre et s’installa confortablement près de moi sur la banquette. Je n’aime pas bousculer ces évènements mais il se faisait tard et j’avais toujours le rendez-vous à 9 heures le lendemain matin en tête. Si je devais dormir avec de la compagnie il me fallait m’activer.

Manifestement May n’était pas une nouvelle-venue à Pattaya. Elle savait ce qu’elle faisait. Je la laissai croire que j’étais en vacances et je ne lui donnai aucune information superflue, comme ma situation familiale, mon lieu d’habitation et je gardai pour moi le fait que je savais un peu de Thaï. Je n’étais pas délibérément tortueux mais quand vous vivez en Thaïlande certaines manières deviennent comme une seconde nature <Vous pourriez être un détective extra – Stick>.

C’était le moment de payer la « compensation de bar » et May semblait être d’accord. Cependant, elle avait convenu d’un rendez-vous avec une amie après le travail. Avec l’une des danseuses du Misty A Gogo juste en bas de la rue. Je suggérai qu’elle appelle son amie, que j’embarquerai aussi sans l’avoir vue au préalable, et nous irions tous ensemble à ma chambre. Je sentais qu’une « valse siamoise » pourrait bien être au programme.

Aussi nous essayâmes d’appeler Mon mais son portable ne répondait pas. La nuit était trop avancée pour que je laisse traîner ça à la manière Thaïe aussi je payai « l’amende de bar » de May et je pris en charge cette affaire. Nous nous dirigeâmes tous les deux vers le Misty pour faire notre proposition à Mon en personne. Ça s’avéra être payant. Mon était du Buriram et il y avait trois jours qu’elle avait repris le travail à Pattaya après un long break chez elle. Bon d’accord, si c’était vrai j’avais dans l’idée que c’était probablement lié à un mari ou à des enfants mais je jouais au crétin de « farang » cette nuit et je me tus. En tout cas Mon venait du Buriram et elle était bien sûr jolie à regarder.

Aussi nous nous mîmes d’accord et nous nous dirigeâmes tous les trois en direction du Siam Bay View. Les filles savaient qu’elles devraient partir avant sept heures du matin par ce que j’étais de service à huit heures.

Quand nous arrivâmes à l’hôtel l’un des membres du service de sécurité sortit de l’ombre et nous barra le passage. Il fit claquer ses talons, nous salua et me demanda mon numéro de chambre. Je m’attendais à ce qu’il me demande de payer le redouté supplément pour mes invitées. Je lui donnai mon numéro de chambre, il le chercha sur une liste qu’il portait sur une planchette porte-papier, le repéra, fit claquer à nouveau ses talons et nous indiqua d’un signe l’ascenseur. Les filles étaient très impressionnées. Ça me laissait perplexe.

É-T-I-R-E-M-E-N-T…..B-A-I-L-L-E….

C’était une très belle matinée à Pattaya. D’où j’étais couché je pouvais voir par la fenêtre le bleu de la mer, celui assorti du ciel et quelques nuages isolés qui s’effilochaient. Cependant il y avait plus beau encore ; May était blottie contre moi à ma droite avec ses magnifiques jambes enroulées autour de moi. Dans ma main gauche il y avait le sein droit de Mon. Les deux chéries dormaient profondément.

Il était 6H20, j’aurais pu rester comme ça pendant des heures mais j’avais vraiment du travail aujourd’hui, aussi je réveillai à contrecœur les deux filles, les payai et les renvoyai.

Je rencontrai mes deux collègues australiens pour le petit déjeuner à l’heure convenue. Je me sentais assez désolé pour eux bien qu’ils ne surent jamais pourquoi.

Nous eûmes notre rendez-vous professionnel et dès que ce fut fini je les reconduisis à Bangkok et les déposai à l’aéroport.

J’avais encore un peu de travail à emmener en ville ; très vite ce fut vendredi soir et je me dis ‘Youpi c’est le week-end’.

Alors je me rappelai, ces types super sympa du Big Mango à Nana Plaza avaient organisé repas et bière gratuits ce vendredi soir là pour fêter leur premier anniversaire. Aussi décidai-je d’y passer et de voir de quoi il en retournait. Ça s’avéra être également une décision avisée. J’y rencontrai quelques personnalités locales et les types du Big Mango, assistés de leur très talentueuse troupe d’hôtesses, firent vraiment des efforts pour rendre cette soirée exceptionnelle.

Quoiqu’il en soit, pour cette semaine il n’y aurait plus rien de spécial à faire et je rentrais à la maison vers minuit.

La Thaïlande, mes amis. Êtes-vous jaloux ?

Union Hill

Titre original: Is it a dream? Traduit de l’anglais pas MAGD

Ce qu’en pense Stickman :

Ah, c’est pourquoi vous aviez l’air à bout de force cette nuit ! Ha, ha !
Bon sérieusement, j’aime l’ambiance de ce genre d’histoire, avec des anecdotes comme celle où vous regardez la baie avec deux beautés pelotonnées contre vous. Belle histoire !