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Un rêve devenu réalité

  • Written by BKKSteve
  • March 8th, 2007
  • 19 min read


Je vais faire court. En général je n’écris pas sur mes petites amies ou mes conquêtes, ni ne fais de commérage et je suis sûr que ça a été une « qualité » qui a favorisé mon succès. Il y a toute fois quelques occasions où suffisamment de temps a passé et où il n’y a pas de risque à raconter une histoire d’une manière édulcorée, mais je l’espère d’une manière quand même intéressante, et je me laisse aller de temps en temps. J’ai depuis longtemps dit dans mes nouvelles que je n’ai jamais payé pour avoir des relations sexuelles, et que je ne le ferai jamais tant que le type de compagnie féminine que j’apprécie sera disponible par d’autres moyens. Est-ce que ça durera toujours ? J’espère, ayant la chance de vivre en plein bonheur conjugal avec la première femme avec qui je me vois devenir vieux. Cependant mes souvenirs sont libres et à l’abri de toute inquisition, aussi de temps en temps, comme ce samedi matin où une brise légère et chaude soufflait par les fenêtres ouvertes, alors que je jette un coup d’œil sur Bangkok je peux fermer mes yeux et …

C’était en 1999. J’avais reçu un coup de téléphone des USA et un agent tout excité me demandait si je pouvais aller tout de suite à un certain hôtel où avait lieu un défilé de mode haut de gamme, si je pouvais couvrir l’évènement en faisant particulièrement attention à certains stylistes et à certains mannequins, un laissez-passer m’attendant à l’accueil. Merde ! J’avais travaillé les jours précédents, mes accumulateurs NiCd étaient à plat et comme je ne les avais pas rechargé j’ai sorti une paire de packs qui acceptent des piles AA, attrapé mon appareil photo, et j’ai raflé au 7-Eleven toutes les piles AA qu’ils avaient avant de sauter dans un taxi pour aller à l’hôtel. J’avais tout juste eu le temps de me faire beau, ce que j’essaie de faire pour ce genre d’évènement, et comme la journée était chaude, je choisit chaussures noires, pantalon noir, pull sans col noir, lunettes de soleil noires. Une imitation pas trop mal réussie de Johnny Cash je crois. Lançant quelques centaines de baths au chauffeur de taxi, je prends mon matériel et je me rue à l’accueil où ils m’attendent ; ils me donnent un laissez-passer fixé sur une chaine (depuis ils ont commencé à vendre des dragonnes merveilleusement confortables que tout le monde utilise) et je fus dirigé vers les salles de conférence qui étaient toutes rassemblées en une seule pièce. Des top-modèles commençaient déjà à défiler sur la piste aussi j’assemblai mon équipement, me mis doucement en position et avec une bobine de 250 engagée (j’utilisais encore l’argentique à cette époque là) et deux supplémentaires dans mon sac, j’étais prêt à y aller.

Les filles étaient à peu près les mêmes qu’aux autres défilés de mode ; c’est toujours intéressant de voir le mélange de femmes asiatiques et occidentales qui servent de mannequins pendant les défilés de mode en Asie et celui-ci ne faisait pas exception : une grande, une petite, une grande, une petite, une blanche, une brune, une jaune, une blanche, une brune, une jaune, une noire et ainsi de suite. Ah les miracles de l’évolution ! Concentré je tendais l’oreille pour entendre l’annonce des stylistes qui m’intéressaient, ce qui était difficile à cause de l’accent Thaï et surtout quand les noms étaient Chinois ou Japonais et dont la prononciation était massacrée. Oubliant ça j’ai fait de mon mieux avec chaque modèle qui honorait la piste et je me suis mis au travail. Les défilés de mode sont en général des évènements courts, du moins la partie défilé, quarante-soixante minutes maxi. Plus de temps est consacré aux préliminaires et aux fêtes qui ont lieu après où les créateurs et les mannequins les plus célèbres se mélangent avec les acheteurs et leurs agents. Je ne m’intéresse pas à ces gens mais une fois, une époustouflante…non, oubliez ça pendant que je cherche dans mon dictionnaire des synonymes… nous y voilà, une irrésistible, éblouissante, superbe, divine, merveilleuse, ravissante, sensationnelle, géniale, saisissante, supérieure, remarquable, à couper le souffle… je crois que je vais m’arrêter pour reprendre mon souffle par ce que je viens de découvrir que je ne peux plus respirer. À cette époque j’avais déjà vécu dix-sept dix-huit ans en Asie et j’avais vu et eu mon lot de beautés asiatiques mais cette femme était un cran au dessus de la plus jolie que j’avais jamais vu. Nos yeux se sont rencontrés et se sont suivis juste quelques secondes ; reprenant mes sens et inspirant pour la première fois depuis quelques minutes, je me remis à remballer mon équipement tout en essayant de ne pas lui jeter de coups d’œil furtifs. Grande, une poitrine généreuse, le ventre le plus plat et le plus mince que vous verrez jamais, de longues jambes galbées, une beau blanche et douce, un sourire qui montrait des dents parfaites et blanches, de grands yeux qui mettent en valeur un visage très exotique avec des pommettes parfaites et saillantes et un menton bien dessiné. Elle se tourna et elle avait de ces fesses, ce qui est plutôt inhabituel chez les femmes asiatiques ! J’étais abasourdi, le corps de cette femme était le résultat d’une génétique parfaite et de nombreuses heures passées à la gym. Finalement je rassemblai mon matériel et partit.

Sur le chemin de la sortie le concierge m’arrêta et me tendit une simple carte blanche avec juste un prénom et un numéro de téléphone et, écrit à la main, un petit message « tu me rappelles avant cinq heures ? » Je ne pouvais me remettre le nom et le numéro n’était pas du coin. De retour à l’appartement je me douchai, pris un Coca et m’assis devant l’ordinateur où je rentrais le code du pays pour découvrir qu’il s’agissait de Taiwan. C’était gonflé de me demander de rappeler un numéro à l’international en sachant pas qui serait à l’autre bout de la ligne et pourquoi j’étais supposé appeler. J’ai attendu jusqu’à quatre heures cinquante neuf et j’ai composé le numéro. Une voix douce et sensuelle mais néanmoins assurée répondit et au lieu d’un « allô ? », « Mushi mushi? Yobosao ? », ou je ne sais pas quoi d’autre, j’eu un « Je suis si contente que tu m’aies rappelé ». Je me dis que ou bien ils ont à Taiwan le meilleur service de reconnaissance du numéro appelant qui est capable de retrouver mon nom à partir de mon téléphone à carte prépayée ou bien que c’était vraiment le numéro d’une connaissance. Elle continua en me demandant si j’avais un smoking ? Bien sûr, dis-je, j’en ai toujours un de prêt (en fait un pour chaque saison) et elle dit que c’était super, qu’on gagnerait du temps. Je commence à me demander de quoi il peut bien s’agir quand elle me demande si je l’escorterais à une réception ce soir.

J’en ai assez,

– « Qui es-tu ? »

– « Tu sais qui je suis. »

– « Hum… non. »

– « Eh bien, tu ne pouvais pas me quitter des yeux ! »

– « Maintenant je vois tout à fait, mais qui est cette femme du monde qui m’appelle pour être son escorte ? »

La réponse viendra plus tard. Elle demande mon adresse et dit qu’une voiture viendra me prendre vers vingt et une heure. Je raccroche le téléphone et je m’assieds là en pensant aux risques éventuels et comme franchement je n’en voyais pas j’ai attrapé un casse-croûte et je me suis remis à mon travail fastidieux de marketing. Vers vingt heures je pris une douche, coupai les poils de mon nez et mes ongles, et je m’habillai. Je choisis une montre bracelet simple pour faire office de bijou. Je n’ai jamais compris, et je ne comprends toujours pas, que des « farangs » viennent ici et adoptent la manière de vivre des habitants en portant des chaines en or de plusieurs carats autour de leur cou pour attirer les voleurs en moto…

Vers vingt heures cinquante je franchis le pas de ma porte et partis en marchant vers le rond point où une grosse Mercedes noire est déjà là, avec un chauffeur en livrée qui me tenait la porte ouverte. Je doutais que cette voiture soit pour moi mais il connaissait mon nom et il me dit que du champagne m’attendait à l’intérieur. Hum…. Ça commençait à devenir de plus en plus intéressant.

Quarante minutes plus tard environ nous nous arrêtâmes au Peninsula, la porte me fut ouverte et je fus conduit au penthouse par une dame Thaïlandaise qui m’attendait ; elle me demanda de patienter dans une grande salle de séjour qui avait une vue magnifique sur la rivière et Bangkok. J’ai senti son parfum avant de l’entendre arriver, le type de parfum qui est si léger mais si voluptueux en même temps, le type dans lequel vous pouvez vous perdre. Je me retourne, elle porte une robe noire et c’est bien la femme avec qui j’ai échangé des regards. Elle se présente et m’explique qu’elle a été invité de manière inattendue à une fête de stylistes où des acheteurs importants allaient être présents, qu’elle avait besoin d’une escorte et est ce que mille USD pour la nuit me conviendraient ? Mon cœur se serra. Je marmonnai quelque chose au sujet de l’argent qui n’était pas la raison pour laquelle j’étais venu et son visage se radoucit un peu, elle s’approcha un peu plus près de moi et s’excusa doucement, dit qu’elle serait contente si je voulais bien l’accompagner. Elle me dit qu’elle est mannequin depuis l’âge de quatorze ans et qu’avec les facilitateurs ou le personnel qu’elle a toujours autour d’elle, elle n’a pas souvent l’occasion de rencontrer de « vraies gens » et qu’elle en oublie ses bonnes manières. Je regardai dans ces immenses yeux en forme d’amande et trouvai le pardon qu’elle savait que je trouverais par ce qu’elle est probablement très bien entraînée à manipuler les hommes de différentes façons. Nous partîmes en prenant un ascenseur privé et je remarquai immédiatement que nous montions alors que nous étions au dernier étage. Elle sourit et, tenant mon bras, me dit « tu aimes prendre l’hélicoptère ? » Oh oui ! Je peux piloter ces choses et j’ai cherché à faire un bon survol de Bangkok en hélico depuis que je suis arrivé dans ce pays.

En décollant de l’héliport du Peninsula la ville devint toute petite en dessous de nous et nous nous assîmes l’un près de l’autre ; ne voulant pas abimer sa coiffure avec un casque elle se pencha vers mon oreille et avec ces merveilleuses lèvres et son haleine chaude elle dit « c’est beau n’est ce pas ? » J’opinai de la tête sans la quitter des yeux. Quelques minutes plus tard nous atterrissions au sommet de quelque grand immeuble et bientôt nous participions à une grande fête où il y a plein de mannequins, des drogues, des stylistes, des acheteurs, des gens guindés, le genre de gens dont je déteste la compagnie. Il y avait d’assez grands plateaux avec ce qui ressemblait à de la cocaïne ou d’autres drogues qui circulaient, nous étions à Bangkok et le film « Midnight express » ou je ne sais plus quel film où ce gars reste coincé dans une prison Turque me revint à l’esprit. Elle resta tout le temps à mes côtés, me présenta par mon prénom, et fit le tour de l’assistance. Ils ne pouvaient lui dire non. Je connaissais ce sentiment. Nous sortîmes sur l’un des larges balcons pour prendre l’air et nous discutâmes un peu de nous et elle me dit qu’elle avait une usine de fabrication de vêtements en Thaïlande qui produisait ses créations et qu’elle les vendait un peu partout dans le monde. Elle vit à Taiwan mais a toujours été trop occupée pour fréquenter et à vingt huit ans elle avait fait fortune, avait réussie, mais elle était souvent seule. C’est quand elle eu dit ça qu’elle se retourna pour me regarder avec de ses yeux, nous nous fixâmes un moment et elle rit en disant qu’elle voulait m’embrasser mais qu’elle ne voulait pas défaire son maquillage tout de suite. Un baiser aurait été super mais je regardai la balustrade et je l’imaginai…oubliez ça….

La fête ne dura pas trop longtemps, elle avait obtenu ce qu’elle voulait, passé un coup de fil, et elle me demanda alors si j’aimais les bateaux ? Bien sûr, j’aime naviguer et tout ça, et nous remontâmes à l’héliport quand on nous appela (savez vous qu’ils organisent les vols pour emmener les invités, les hélicoptères sont en quelque sorte en attente jusqu’à ce que l’invité soit dans l’ascenseur et alors ils sont appelés). Notre oiseau atterrit, nous montons, et il nous emmène vers la mer ! À quelques kilomètres de la côte il y a une tache sur la mer et bientôt je peux voir que c’est un yacht de vingt quatre mètres avec une petite aire de décollage et d’atterrissage à l’arrière où nous descendons. Nous fumes immédiatement accueillis, elle baragouine en ce que je crois être du Mandarin, l’homme fait une courbette et elle me mène dans une gigantesque cabine ; un moment plus tard l’homme réapparaît, ouvre une des nombreuses bouteilles de Champagne et nous sert tandis qu’un autre homme laisse un chariot de sushis et de fruits. Ils nous laissent. Je crois qu’à partir de là mes souvenirs resteront seulement les miens, mais il suffit de vous dire que nous n’avons pas quitté le bateau pendant trois jours et quelle était motivée et en pleine forme !

Nous nous séparâmes après ça, moi de retour dans ce que je croyais être encore trois jours auparavant un chouette appartement mais qui me semblait maintenant être une cage à lapin, et je pense qu’elle retourna à Taiwan. Pendant les six mois qui suivirent elle m’appela quelquefois par mois quand elle était en ville et nous avons passé du temps ensemble et à chaque fois c’était bien. Cependant j’avais le sentiment que… eh bien… je n’étais qu’un petit ami de passage. Au bout de six mois je ne pus m’empêcher de lui demander si de son côté elle éprouvait quelque chose et elle me dit « tu sais je me sens bien avec toi quand nous… ». Ce n’était pas la réponse que j’attendais et elle le sut ; les fois suivantes où elle appela je me trouvai fort occupé et elle finit par comprendre. Quelques fois je pense que j’ai été fou de mettre un terme à ce que je réalise maintenant être un rêve. Je n’ai jamais dépensé un bath, ni vu d’argent changer de mains quand nous étions ensembles, elle organisait et arrangeait tout avec soin, et c’était vraiment une expérience formidable à tout point de vue. Mais j’en étais arrivé au point où mon cœur commençait à être impliqué et je pensais que ce n’était pas son cas.

Quelques mois passèrent et Noël arriva… et pour des raisons personnelles ce Noël s’annonçait triste, j’étais assis tout seul dans mon appart en me demandant ce que diable devenait ma vie quand on frappa à ma porte. J’allai ouvrir, un type en costume tenait un paquet cadeau avec une carte, il me demanda mon nom, me le tendit et partit. Je m’assis en regardant le paquet et la carte pendant un moment. J’ouvris le colis en premier et je sentis son parfum aussi sus je que ça venait d’elle. À l’intérieur il y avait la Rolex Submariner que j’avais regardé une fois que nous étions allé faire du shopping, je souris et la mis de côté.

Assis dans mon fauteuil en train d’écouter de la musique, regardant mon appartement vide j’entendis qu’on rigolait dehors, je sortis à la fenêtre et en bas, à la piscine, il y avait des « farangs » avec leurs nouvelles conquêtes faites aux bars en train de s’éclabousser et de s’éclater… je retournai à mon fauteuil, m’assis et ouvris la carte qui était toute simple, un carton blanc plié en deux, vierge sur toutes les faces, mais contenant un message écrit d’une élégante et belle écriture, tracée probablement avec un très bon stylo à plume : « tu me manques et je pense souvent à toi. Je suis désolée ne pas être prête pour plus mais ma vie est affairée et ce que tu voulais est encore quatre ou cinq ans devant moi. Souviens toi de moi quand la lune est celle des amoureux en Chine comme la fois où toi et moi… »

Que dire de plus ? Je peux compter sur les doigts de la main les expériences similaires que j’ai eues dans ma vie, nous en avons tous eu probablement. Ces moments si particuliers et si magiques, quand rien d’autre ne compte que le sourire sur son visage et que le temps ralentit suffisamment pour que vous compreniez que la vie vaut la peine d’être vécue. Cette nuit de Noël j’avais vraiment besoin qu’on me le rappelle à bien des égards. Le savait-elle ?

En attendant, à la prochaine fois…

Titre original : Fantasies which come true. Traduit de l’anglais pas MAGD

Ce qu’en pense Stickman :

Oh là là ! Vous êtes un sacré veinard… rêve était surement le mot approprié !